06 – Juin

Le mois de juin – du travail à la miellerie

Alfred SCHEIDT

Le mois dernier je vous ai rapidement expliqué comment je débarrasse les hausses de leurs abeilles afin de prélever les cadres de miel à extraire.

Il faut rajouter quelques précisions à cette phase de travail puis aborder la technique d’extraction et de aussi celle de la maturation du miel.

Choix des cadres à extraire :

Attendez, si possible, la fin de la miellée et l’operculation des cadres de hausse. Pourquoi ?

Les abeilles n’operculent le miel que lorsque sa teneur en eau est suffisamment basse pour assurer sa parfaite conservation, c’est à dire généralement un taux inférieur à 18%. Je rappelle que le nectar butiné atteint quelquefois des valeurs de 80% d’humidité. Ceci explique qu’il vaut mieux attendre la fin de la miellée car le nectar frais est souvent stocké au bas des cadres dans les cellules encore ouvertes.

Ce taux d’humidité se mesure facilement à l’aide d’un réfractomètre. Prenez contact avec un apiculteur équipé de cet outil si vous n’en disposez pas vous même.

À défaut de réfractomètre il faudra s’en tenir à deux règles élémentaires :

  • la première est de ne prendre que les cadres au deux tiers operculés (minimum)
    • la deuxième est de donner un coup sec sur la tête des cadres incomplètement operculés pour vérifier que le miel ne gicle pas. Si suite au choc des gouttes de miel sont projetées hors du cadre ce miel n’a pas encore atteint la maturité suffisante pour être extrait.

Extraction :

Un apiculteur débutant pourra extraire chez un collègue la première année, puis, s’il multiplie son cheptel il aura tout intérêt à s’équiper personnellement avec un matériel moderne et performant (extracteur en inox, matériel à désoperculer, tamis, maturateurs,…).

J’insiste particulièrement sur la propreté du local d’extraction et le respect strict des règles d’hygiène lors de la manipulation des cadres et des récipients contenant le miel.

Filtration :

Personnellement je filtre le miel à la sortie de l’extracteur à travers deux tamis (grandes et petites mailles) afin d’arrêter les particules de cire entraînées parla force centrifuge de l’extracteur.

Il est intéressant de disposer d’un double jeu de tamis (ou plus) afin de les permuter et de les nettoyer dès que l’écoulement du miel se trouve ralenti.

Ensuite je laisse reposer le miel dans les maturateurs trois à quatre jours puis j’ôte la couche « d’écume » qui se forme en surface. Ce sont les dernières micro-particules de cire qu’il faut enlever.

Il est évident que les maturateurs doivent être hermétiquement fermés entre les manipulations pour éviter que le miel n’absorbe l’humidité atmosphérique si son taux est supérieur à 60% (voir hygromètre).

Préparation du miel crémeux :

Depuis de nombreuses années je ne vends plus de miel de fleurs de printemps à l’état liquide mais je contrôle sa cristallisation pour lui donner une consistance crémeuse permettant de le tartiner facilement.

Cette opération est d’autant plus rapide et facile si ce miel contient proportion de colza dont le nectar se caractérise par un taux élevé de glucose.

Dès que la cristallisation démarre dans les maturateurs il faudra tourner ce miel tous les jours pendant 2 à 3 minutes afin de casser les cristaux en formation et de multiplier ainsi les germes de cristallisation. Ce brassage permet également d’homogénéiser la phase liquide avec la phase solide en train de cristalliser.

En l’espace d’une semaine à dix jours le miel et ainsi complètement cristallisé et tous les cristaux seront restés de petite taille. Ce miel « crémeux » gardera son onctuosité.

Remarque :

Le miel d’acacia sera commercialisé à l’état liquide car sa richesse en fructose retarde sa cristallisation.

Transhumance dans les Vosges :

Les miels foncés étant très recherchés par la clientèle régionale, beaucoup d’apiculteurs vont transhumer dans les forêts vosgiennes pour y récolter des miels de miellats.

  • miel de forêt
  • miel de sapin

Les conditions nécessaires à la production de miellat ne sont pas réunies toutes les années. Il est conseillé de vérifier les données fournies par les ruches placées sur balance dans différents secteurs du massif. Ces données sont consultable par internet sur le site de la Fédération des Apiculteurs du Bas-Rhin.

Dans notre secteur il est aussi possible de produire du miel de châtaignier.

Nous en reparlerons dans la prochaine chronique.